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26 septembre
2010 |
6. La métamorphose des IHM.Romain Lenzotti @ 11 h 24 min |
a. Du centralisé au distribué
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Les IHM ne sont plus concentrées en un unique écran. Elles s’étalent sur un ensemble de plates-formes mettant à profit les caractéristiques intrinsèques et extrinsèques de ces plates-formes. Dans Pick and Drop par exemple (Figure 1), l’assistant personnel (PDA), par son caractère mobile (intrinsèque) est perçu comme une palette d’outils dans laquelle l’enseignant vient piocher couleurs, dessins, films… |
b. Du classique à l’exotique
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Alors que nos ordinateurs de bureaux arborent inlassablement le triptyque écran, clavier-souris, alors que des prototypes de recherche rivalisent d’imagination tant en entrée qu’en sortie. Pour exemple, AmbientRoom (Figure 2) qui imaginait les fioles comme dispositifs de sortie ou plus récemment l’IO Brush, un pinceau magique permettant de prélever un motif (couleur, texture, mouvement) dans le monde physique puis de le reproduire et le manipuler dans le monde numérique. |
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En produits commercialisés, mentionnons le lapin de Violet (le « Nabaztag » Figure 3) qui allie entrée et sortie (http://www.nabaztag.com).
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Si ces dispositifs restent marginaux, ils forcent néanmoins une ouverture d’esprit : les sorties ne sont plus limitées aux seuls écrans et les entrées peuvent être remplacé par des dispositifs autres que les claviers-souris. Dès lors, les notions d’entités physiques et de rôles supplantent l’ex triptyque écran-clavier-souri. Un mur est une entité physique appropriée pour jouer le rôle de l’écran. Le doigt ou un stylo par leurs formes allongées peuvent jouer le rôle de dispositifs d’entrée. Quant à la main, certains y voient dans l’alignement des doigts l’opportunité d’un affichage par lignes.
c. Du monomodal au multimodal
L’interface n’utilise généralement que deux sens de l’homme, le vue et l’ouïe, c’est le monomodal. A contrario, le multimodal en IHM, utilise plus que deux sens. On peut imaginer qu’afin d’exprimer un danger ou d’en renforcer le signal, l’interface diffuse une odeur pour détourner le regard de l’utilisateur de l’écran et de focaliser son attention sur l’information olfactive.
d. De l’explicite à l’implicite
Alors que les actions physiques explicites de l’utilisateur sur les dispositifs d’entrée dirigeaient jusqu’ici l’interaction Homme-Machine, elles perdent aujourd’hui leur monopole. Désormais, la pièce peut vous écouter, comprendre le propos du discours et en compléter la teneur par des informations affichées, par exemple, au mur. C’est de l’interaction implicite.
e. Du sédentaire au nomade
Jusqu’ici scotchées à leur ordinateur d’exécution, les IHM « valsent » désormais dans leur espace interactif, au gré de l’utilisateur, selon l’arrivée et le départ de ressources. Elles migrent partiellement ou totalement, changeant ainsi leur état de distribution et s’adaptant si nécessaire aux capacités de la plate-forme cible. Typiquement, dans les surfaces augmentées de Rekimoto (Rekimoto, 1999), la présentation des objets (tables et chaises) s’adapte à l’inclinaison horizontale (vue de dessus 2D) ou verticale (perspective 3D) de la surface d’affichage (Figure 5).
f. Du rigide au plastique
Alors que jusqu’ici les IHM étaient « de marbre » répondant aux seules actions de l’utilisateur, elles s’adaptent désormais à un contexte d’usage changeant. On parle de plasticité lorsque l’adaptation se fait dans le respect de l’utilisabilité. Un exemple classique est celui de FlexClock qui, selon la taille de la fenêtre, affiche l’heure courante de différentes façons et rajoute la date lorsque ceci est possible. Cette forme de plasticité est appelée remodelage : elle joue sur la présentation des concepts du domaine et des tâches utilisateur sans changer l’état de distribution de l’IHM : l’IHM était centralisée sur une certaine machine M. Elle reste centralisée sur cette même machine M.
Figure ci-dessus : FlexClock est un exemple d’interface flexible non distribué.
C’est plus tardivement que la réflexion est élargie comprenant que la métamorphose des IHM diversifie les leviers de plasticité. Par exemple, dans Sedan-Bouillon (un site web pour la promotion des pays de Sedan et Bouillon, site web plastique développé dans le cadre du projet européen CAMELEON), l’arrivée d’un PDA est vue comme l’opportunité d’étaler l’IHM entre l’actuel PC et ce nouveau PDA. Dans ce prototype, lorsque l’utilisateur Lionel se ballade sur le site web à partir d’un PC (log_Lionel_0) et s’y connecte subitement via un PDA (log_Lionel_1), une proposition de redistribution lui est faite : le site est structuré en un titre, une barre de navigation et un contenu. Lionel peut afficher là où il le souhaite les différents espaces de travail. Lionel choisit d’avoir le titre et le contenu sur PC et souhaite disposer sur PDA du titre et de la navigation. Cette redistribution lui permet de parcourir le site, confortablement installé dans son canapé. On notera que, dans ce prototype, l’adaptation est placée sous le contrôle de l’utilisateur. Ce contrôle explicite requiert une IHM. Nous appelons méta-IHM cette IHM de la plasticité. La méta-IHM est en charge de rendre observable et contrôlable à l’utilisateur le processus d’adaptation.
Si, dans la métamorphose des IHM, la multi modalité (du monomodal au multimodal) est un moyen de remodelage en plasticité, les autres axes relèvent de la redistribution :
- « du centralisé au distribué », redistribution de l’IHM sur la plate-forme
- « du classique à l’exotique », redistribution entre les mondes physique et numérique
- « de l’explicite à l’implicite », redistribution des tâches entre l’utilisateur et le système
- « du sédentaire au nomade », une redistribution dynamique.
La redistribution est donc un levier fondamental à considérer en cette période de métamorphose des IHM. Elle peut, en pratique, être assortie d’un remodelage pour s’accommoder de capacités différentes entre les plates-formes source et cible. Par exemple, alors que sur PC la barre de navigation figurait en bandeau gauche, elle apparaîtra horizontalement en partie haute sur le PDA.
Jusqu’ici nous avons étudier 40 ans d’évolutions des IHM au travers des différents point majeur tel que le SketchPad développé par Ivan Sutherland, le Xerox Star de Xerox, Ubicomp et Digital Desk, qui ont amené des concepts d’interfaces plus où moins réutiliser de nos jours. Nous avons par ailleurs pu observer la métamorphose des IHM pour en arriver à la plasticité des interfaces. Il est apparu des concepts comme le remodelage, la distribution et l’adaptabilité qui définissent une interface plastique. La partie suivante va donc être dédiée aux IHM plastique qui sont le cœur de ce mémoire technique.








